/ Thailande - Bye-Bye Paris !

mardi 19 février 2008

     Les karen ne parlent pas thailandais ...

                                                                                                                                                       19 02 2008

On quitte le Laos comme on le visite : doucement. De Luang Prabang, deux jours de bateau sur le Mekong a raison de 10h par jour. Reussites, chips, bananes, livres deja lus et relus. Tout est bon pour tromper l ennui. Les paysages sont beaux et nous ne sommes pas bouscules pour les admirer. Le temps s ecoule lentement avec en fond sonore le moteur du bateau.

L arrivee en Thailande se fait a Chang Kong. La transition est saisissante : de la lumiere dans les rues, des distributeurs de billets, des immeubles, en gros un bonds de 20 ans dans le futur. De Chang Kong, un bus nous amene a Chiang Mai, la capitale du Nord. La ville est inegale. Une banlieue maussade construite de maniere anarchique et un centre ville preserve entoure de fortifications. Les habitations y sont basses et de petites ruelles serpentent dans toutes les directions, vous perdant a coup sur. Ambiance zen...

Les deux premiers jours, Marie et moi retrouvons nos uniformes de bikers et sillonons la region sur un 80 cm3 kitte (sans les sacoches sur les cotes) : sources thermales, fermes d orchidees, temples perches sur les collines, rien n est trop loin pour notre tonnerre mecanique.

Le soir du 2eme jour, Marie decouvre au hasard d une ruelle une guest house. Les petits coussins un peu partout, les tentures, les parquets et les bougies font leur oeuvre sur un esprit sensible a ces petites choses. Nous demenageons donc le lendemain (l homme,lui, est insensible mais peut etre conciliant).

C est donc dans cette guest house que Marie decide de corriger son seul defaut (sic) : une certaine apprehension devant les fourneaux. Elle va pendant une journee se former a la cuisine Thai, devenir une pro de la nouille sautee, une virtuose de la soupe epicee. Moi, ma modeste contribution sera de gouter ses plats et le resultat est plutot probant (Non, je ne dis pas ca parce qu elle relit cet article).

Apres la popote, il faut se depenser ! Nous partons donc pour deux jours de treck. Chiang Mai est une usine a trecks et excursions diverses. Pour essayer d eviter la foule et les visites premachees, nous investissons et prenons un guide perso pour 2 jours : Mister Sam. Ce petit luxe nous permet d arriver seuls avant la meute au camp d elephants. L animal nous attend, baigne de brume, remuant de la trompe. C est beau, c est imposant et ca sent fort. Babar est de mauvais poil car pris au saut du lit. Le kornak l amene donc au ruisseau pour le laver et lui gratter la tete. Une bonne douche le matin chasse les idees noires. Apres avoir installe un banc sur son dos, nous voila partis tels des maradjas a la chasse au trigre. Apres cette ballade originale, l apres midi est consacree a une marche de 3 heures. Au bout de 2 heures d ascension au milieu de nulle part, nous rencontrons au sommet d une colline 2 moines : le 1er en train de telephoner avec son portable et le 2nd assis en tailleur, en pleine meditation. Non, ce n etait pas la camera cachee, j ai verifie !

De l autre cote de la colline, dans la vallee, c est le village de la belle famille de Sam. Nous l atteignons vers 18h. La, nous retrouvons Julie la poule, Robert le cochon et Jean Claude le coq (que je m attends d ailleurs a revoir le soir dans mon assiette mais il n en sera rien). Sam nous presente son beau pere, sa belle mere et nous laisse en plan avec eux une petite heure car il doit aller chercher la nourriture du soir. C est donc un moment assez drole ou nous l attendons autour d un feu echangeant des grimaces et des mimiques avec nos hotes car incapables d echanger plus. Nous connaissions 2 mots de Thai (bonjour et merci) manque de pot, ce village est Karen et ne parle pas le Thai. Nous voila donc fort demunis mais bon, l incomprehension mutuelle fait naitre le rire et du rire ...

Sam revient avec les victuailles, nous montons dans la hutte du beau pere et regardons Sam faire la cuisine accroupi, sur un rondin de bois. Toute la famille est la, autour du brasier dans la hutte, accroupie ou assis, plus nous deux : extra terrestres de la planete France. Le moment est encore surrealiste. Le repas debute et il est delicieux. De temps en temps, la belle mere crache dans le feu mais il parait que ca se fait. Le moment prestige vient a la fin du repas quand le beau frere revenant de la chasse a la torche nous balance par terre (donc sur la table) un faisan a peine canarde. Mais que diraient Nadine de R ou Pauline Lebrun !

Apres moults salutations et remerciements ( les regards et les poignees de mains remplacent souvent avantageusement les mots), nous allons nous coucher Marie et moi dans une hutte attenante. Sous les couvertures, on s est rappele qu on avait largue un appart de 70 m2 dans le marais pour se retrouver en face d une grand mere qui crache et d un faisan canarde et la, on a eu un fou rire ...

Le lendemain, Sam nous amene au point culminant de Thailande – Doi Inthanon. Nous allons marcher 3h au sein du parc protege. La vue est sublime et la foret tres dense. Dans l apres midi Sam nous amenera encore voir une cascade puis nous ramenera chez nous. Il est 19h et tout crottes, nous rentrons dans notre guest house. Comme promis, a peine douches, nous passons au bureau de Sam pour lui ecrire une bafouille sur tout le bien que l on a pense de son treck. On voulait de l authentique, on a ete servi.

On vous embrasse fort. Merci pour vos reactions et vos mails. ca nous fait chaud au coeur. La biz