/ Pérou - Bye-Bye Paris !

dimanche 10 août 2008

     L'ete sera chaud, sauf a Cuzco ...

                                                                                                                                                       10 08 2008

De la frontiere equatorienne a Lima la capitale du Perou nous prenons un vol. A l'aeroport un visage familier nous sourit. Marion est arrivee deux heures plus tot et boit des cafes en nous attendant. Embrassades, effusions.

Nous traversons Lima en taxi. Magnifique. Des terrains vagues, des quartiers abandonnes, un peripherique monstrueux, une circulation cauchemardesque, bref l'enfer gris. Envoutes par cette grande metropole nous decidons neanmoins de prendre un bus direction le sud : Pisco. La, c'est encore pire mais malheureusement les locaux n'y sont pas pour grand chose. Le grand tremblement de terre de 2007 a devaste la ville et lui a donne un aspect proche de Sarajevo. Maisons effondrees, routes defoncees, facades decrepites, le programme de reconstruction s'est apparemment arrete en plein vol. L'argent comme d'habitude a ete stoppe avant d'arriver a destination. Du coup, plus d'un an apres, la population occupe des prefabriques et s'organise en bordure de la ville dans des favelas. Les premiers jours de Marion doivent lui paraitre feeriques. Le gros champignon urbain puis Sarajevo. C'est un depart en fanfare.

A cote de Pisco s'etend une reserve naturelle. La reserve Paracas : des iles perdues au loin dans l'ocean. Sur une de ces iles ont ete tracees des lignes qu'aucun historien n'arrive a dater ni a comprendre. Ce tag historique passe a la posterite et son exploitation touristique me font rire. A-t-il seulement un interet pour que l'on s'y interesse si intensement, rien n'est moins sur. J'imagine dans deux mille ans des historiens essayer d'interpreter des tags sur les fouilles exhumees du parvis de la Defense. Je leur souhaite bonne chance.

Le reste des iles a ete choisi par des phoques et des cormorans comme lieu de residence. Rien a dire. La nature a repris la main et s'est faite belle pour nos yeux.

De Pisco nous prenons un bus pour continuer notre descente dans le Sud, vers Ica. Nouvelle ville champignon. Ca pue, ca klaxonne, ca grouille, bref c'est genial. A cote neanmoins s'eleve une curiosite geographique. Plusieurs dunes de sable s'amoncellent sur des dizaines de kilometres donnant a la region un air saharien. Au mileu de cet enchevetrement de bosses survit une oasis avec ses palmiers, son plan d'eau et bien sur ses hotels a touristes. Nous gravissons une dune et nous retrouvons face au desert. Une mer de sable dont les vagues sont immobiles. Au fond de moi je n'arrive pas a chasser une impression d'incoherence, de supercherie. Etre au milieu d'un desert de sable au Perou. Le paradoxe. Je voudrais m'attendre a voir debouler une caravane de chameaux avec un bedouin a leur tete et pourtant je ne peux m'attendre qu'a voir debouler un poncho et un bonnet peruvien.

Etrange impression.

D'Ica nous descendons encore pour arriver a Arequipa. Cette ville nous remet le sourire. Des ruines Inca, une vieille ville espagnole faite de voutes, de murs blancs et de petites places et surtout un couvent immense connu pour avoir ete un des berceaux des Dominicaines du pays. La lumiere inonde les ruelles de ce cloitre jouant avec les murs pour etendre des ombres dignes d'etre mises en peinture. La beaute de ce lieu remplit tout l'espace.

D'Arequipa nous partons deux jours pour le Canyon del Colca. Les Peruviens ne sont pas peu fiers d'annoncer qu'il depasse en profondeur son cousin americain. Effectivement le coin est spectaculaire. L'impression generale est celle d'une immense batte de base-ball ayant tape au milieu de la montagne, la separant en deux. Dans ce canyon evolue un piaf suffisament rare pour etre admire : le condor. 3m d'envergure, 20 kg, il sillone le ciel sans un coup d'aile, descendant et remontant selon les courants d'air chaud. Le regarder un moment, c'est se sentir un peu minable, les deux pieds rives au sol. Je crois que je vais m'inscrire a des cours de delta plane ...

Apres Arequipa et ses environs nous partons pour Cuzco. Certainement une des villes les plus touristiques du Perou. Jolie architecture coloniale essaimee de ruines Incas. Nous y passons trois jours pour nous acclimater a l'altitude (3400m) avant de partir pour l'Inca trail. Trois jours oisifs dont un seul sera occupe par la visite d'un marche a Pisac, une ville mitoyenne.

L'echeance de l'Inca Trail approche et ca commence un peu moins a rigoler dans les chaumieres. L'ambiance tourne meme a la gentille flipette. Je vois Marie et Marion pensives, en train de ressasser ce mantra : Est-ce qu'on a pas fait une connerie de reserver ce truc ?

Le programme du trail est lu et relu. 40km de marche repartis sur trois jours, 7h de marche par jour, 3 cols a franchir de 3500m, 3900m et 4200m, autonomie de materiel sauf tentes et nourriture, le 4eme jour lever a 3h du mat pour decouvrir le Machu Picchu a 6h, la celebre citee Inca.

Nous partons donc le premier jour la fleur au fusil et pour certain(e)s l'estomac dans les talons. Le premier jour commence tres, tres bien. La nourriture et les tentes n'arriveront pas avant 8h du soir. Nous mangeons donc des courants d'air a midi et le soir a notre arrivee ( vers 16h ) organisons un sitting sur un pre avant de recevoir nos abris. Le repas du soir, nous le mendions a d'autres agences qui nous depannent d'une soupe et de spaghetti. De la lave coule dans mes veines contre notre guide qui nous explique toutes les heures que la nourriture ne va pas tarder ( tu comprends, le cuistot est malade et c'est difficile de le remplacer mais no problemo il arrive ... ). Moi aussi mon papa est malade et ma maman est au chomage mais je te previens que si on bouffe pas demain, je te fais ressembler a un lama ...

La nourriture arrive donc avec les tentes vers 20h et tout rentre dans l'ordre. Je n'ai plus qu'a me prendre une camomille avant d'aller me coucher. Les deuxieme et troisieme jours sont durs mais magnifiques. Les filles montent lentement mais surement. Elles doubleront d'ailleurs pas mal de groupes. Les nuits sont frisquettes. 0 degres en moyenne, alors la douche attendra. Le sentier traverse trois massifs montagneux parsemes de ruines incas. Le quatrieme jour, c'est la recompense. A 6h du matin (apres 3h de marche a la frontale sous la pluie), nous franchissons la porte du soleil. Celle-ci surplombe le Machu Picchu, la montagne sacree enveloppee d'une fine couche de coton qui ne tardera pas a se dissiper. Le but est atteint et les filles trepignent malgre la fatigue. La visite du site se fait avec des mollets lourds et le sourire. Les photos de Marie parleront mieux que moi de sa magnificence. Nous rentrons a Cuzco et prenons une douche non superflue (j'ai tue deux mouches en soulevant un bras, hier ...) Nous sommes fourbus mais contents.

Grosses, grosses bises. Vos messages nous font super plaisir. S'il vous plait continuez ...