/ Nouvelle Zélande - Bye-Bye Paris !

lundi 9 juin 2008

     Flipper et les panneaux de signalisation

                                                                                                                                                       09 06 2008

Il y a des jours vraiment heureux. Des jours qui restent dans ta memoire. Des jours qui declenchent en toi un sourire quand tu y repenses. ca se passe a Kaikoura, au nord est de l'ile du sud. La journee est scindee en deux. Le matin, nous embarquons sur un bateau, objectif : aller au larger nager avec des dauphins. L'eau est a 13 degres mais les organisateurs nous ont fourni des combinaisons de plongee dignes de cosmonautes. Le principe est simple. Le bateau repere un banc de dauphins, fonce dessus, coupe sa route et decharge sa bande de cosmonautes dans l'eau. La, sous la surface, devant nos yeux ronds et presque incredules, le defile commence. Des corps fuseles et argentes apparaissent, nous frolent puis disparaissent tres vite. Ils sont souvages et dans leur milieu naturel. Les loopings au dessus de la tete, facon Marineland, il faut donc oublier. Neanmoins, ils sont curieux et viennent nous examiner de pres (Marie arrive meme a entamer une ronde avec l'un d'entre eux). Pour les attirer, deux solutions : soit plonger (difficile avec la combinaison de cosmonautes), soit faire du bruit. Je comprends maintenant pourquoi ils ne s'attardaient pas avec nous. Nous entendre beugler comme des ivrognes sous l'eau, ca devait etre supportable 10 secondes, pas plus.

L'apres midi, nous changeons de bateau mais repartons au large. L'objectif a grossi. Nous partons dans le sillage des baleines. En pleine mer, le bateau s'arrete et l'equipage scrute l'horizon avec des jumelles. Quand un jet est apercu, les gaz sont mis et le bateau fonce sur son objectif. A 10 metres du but, il coupe le moteur et nous laisse apprecier la bete. Meme si une infime partie de son corps est visible en surface, l'animal nous impose le silence. Magique. Au bout d'1 ou 2 mins, il plonge, nous laissant admirer sa nageoire verticale.

Cette journee conclut notre visite de l'ile du sud. Nous prenons le ferry pour l'ile du nord un jour de grosse mer. La traversee se fait le teint verdatre, un sac plastique dans chaque main et avec le moins de paroles possible. Nous arrivons a Wellington et y passons la nuit. Le lendemain, nous vivons une journee digne de celle de Kaikoura, memorable, mais dans un autre style. D'abord le matin : une route deserte, sur la route un panneau imposant indiquant des travaux.
Comment reagit le conducteur averti, sur de son vehicule ? Il met son clignotant, deboite legerement pour eviter le panneau et se replace sur sa voie.
Comment reagit Stephane, un matin ou il est particulierement bien reveille ? Il va droit sur le panneau, le defonce, roule dessus et enfin s'arrete. Un retroviseur arrache, une aile enfoncee et un pneu eclate. (A ce moment du recit, j'en profite pour remercier Mr Guerrero, un vieux monsieur qui, il y a 17 ans, m'a donne mon permis de conduire. Ce qu'il a fait n'etait pas tres responsable mais personne d'autre que lui n'aurait pu le faire...)

La journee commence donc bien. Elle n'est neanmoins pas finie. Marie et moi changeons la roue pour pouvoir repartir et constatons que la roue de secours, une fois montee, est a plat. Bien, bien, bien... Nous appelons le loueur pour lui demander de nous envoyer une depanneuse. Celle ci arrive... mais 4 heures plus tard. Pas de probleme, patience est mere de bonne volonte. Ce sera tout pour aujourd'hui ? Non. En chargeant notre camping car sur sa remorque, le depanneur remarque que lui aussi a un pneu a plat. La, Marie a une crise de fou rire nerveux et moi, je me mets a regarder le ciel pour demander aux puissances superieures qu'elle est la faute qu'il faut que j'expie. La fin de la journee ne denature pas son debut. Une fois le pneu du depanneur repare, nous arrivons au garage, qui, bien sur, n'a pas de pneu disponible avant le lendemain matin et nous amene gracieusement passer la nuit dans un hotel miteux. Le point positif est que cette journee s'acheve enfin.

L'ile du nord s'ouvre a nous. D'abord le Tongariro National Park : une chaine de volcans enneiges surplombant un paysage sec et rocailleux. Selon le Lonely Planet, ce parc correspond aux paysages du Mordor dans le Seigneur des Anneaux. Nous y marchons une journee. Nous grimpons sur les flancs du volcan pour atteindre deux lacs d'altitude. La montagne est belle et nous nous sentons seuls au monde (pas un orque, ni un gobelain, rien...)

Apres le Mordor, nous partons a la recherche de l'ame Maori : Roturoa. L'endroit est connu pour abriter une grosse presence maori soucieuse de cultiver son histoire et ses traditions. Cette presence m'a, jusqu'a present, etonne par sa discretion. Certes plus marquee dans l'ile du nord, elle est neanmoins effacee. A Roturoa, les Maoris sont nombreux. Malheureusement, la ville se revele etre assez vite une espece de Disneyland : diner spectacle devant le Haka, visite de villages typiques, enseignement de quelques mots et du salut traditionel, bref, toute la culture Maori est mise sous cloche pour pouvoir etre admiree et monnayee. Ceci dit, les spectacles valent le detour. Les Hakas sont impressionnants et les chants et danses polynesiens nous ont beaucoup plu. Reste cette impression de mise sous cloche, de culture perpetuee pour illustrer des cartes postales et des catalogues de tours operateurs. Tristesse.


Voila l'ile du nord s'acheve aussi. Un dernier detour par une peninsule fameuse pour sa cote pleine de voutes et de falaises et nous arrivons a Auckland. Les abords nous semblent sympathiques avec une mer omnipresente (Auckland est a cheval sur 3 mers) mais le centre nous decourage assez rapidement : gratte-ciels, grandes avenues, beaucoup de voitures, bref aucun charme particulier.

Cette visite de l'ile du nord s 'acheve avec un regret. Nous n'avons pas eu assez de temps pour tout faire. D'une part, parce que nous n'en avions pas prevu assez, d'autre part, a cause de mes exploits au volant. Beaucoup de sites de l'ile du nord sont passes a l'As et c'est bien dommage. Ce sera pour une prochaine fois...

Le pays du long nuage blanc s'eloigne et la Polynesie francaise se profile. Nous vous embrassons bien fort et vous disons a la prochaine.