/ Laos - Bye-Bye Paris !

jeudi 7 février 2008

     Le pays oublie ....

                                                                                                                                                       07 02 2008

Le Laos te donne l'impression d'etre un pays oublie. Enclave entre la chine, le vietnam, le cambodge et la thailande, le train de la mondialisation est passe devant lui mais ne s'est pas arrete. Les villes sont toutes petites ( souvent guere plus qu'une rue ), et leurs infrastructures ( hopital, banque, poste, ecoles ) rares. Quelques chiffres : 75 % des gens vivent avec moins de 2 $ par jour, et le salaire moyen est environ de 30 $ par mois. Nadine de Rotschild n'est donc pas prete de venir en vacances ici .... Cela fait donc deja une bonne raison d'aller au Laos.

Nous arrivons a Luang Prabang, capitale du Nord. Nous y retrouvons Carine et Karine. ( Non je ne suis pas begue ). Effusions, Emotion, Rires, bref des retrouvailles qui font vraiment plaisir. Revoir des visages amis a l'autre bout du monde c'est comme apprendre que Sarkozy va bientot etre cocu, c'est tres rejouissant ....

Nous decidons de passer une journee tranquilles aux alentours de cette petite ville. L'atmosphere est siderante de serenite. Les gens sont d'un calme olympien, circulent pour la plupart en velo ( les voitures sont quasiment inexistantes ), et vous sourient a tour de bras. Apres l'effervescence d'Hanoi, l'atterissage est plus qu'agreable. La premiere journee est donc consacree a la visite de chutes d'eau a environ 30 km de la ville. Nous les remontons a pied et nous baignons dans une des nombreuses vasques qui egrenent son parcours. Vous verrez de magnifiques photos d'apprentis tarzans se jetant dans l´eau au bout d'une liane, je vous laisse admirer la fluidite du geste .... Le soir venu nous montons sur un promontoire rocheux ou a ete construit le temple de la ville. Le coucher de soleil y est magnifique et immortalise par Marie.

Le lendemain matin durant mon jogging matinal les trois filles assistent a la ceremonie d'offrandes aux moines. Tres tot, vers 6h30, les moines avancent en procession le long d'une rue en silence. Les villageois, a genoux par deference pour eux, s´alignent sur un cote de la rue et leurs apportent des offrandes comestibles. Cela constituera l'essentiel de leur nourriture pour la journee. Je crois que les filles ont eu un petit frisson devant cet instant baigne de spiritualite ...

A peine la ceremonie finie, vers 7h30 nous sautons dans un bus qui nous amene 300 km plus au Nord a Luang Nam Tha. 300 km soit 10 heures de trajet, Non ? Si si ... a 30 km/h de moyenne ca se fait sans probleme ... Maman, tu vois les bus ici conduisent tout doucement ....

Harrasses et quelque peu las de la programmation televisuelle de notre bus ( Leurs emissions de variete donneraient des envies de meurtre au fils de l'abbe Pierre et de mere Theresa ... ) nous arrivons, tels des chevaux malades a Luang Nam Tha. Une fois loges et rassasies nous allons au lit. Demain sera un jour meilleur.

Effectivement le lendemain fut superbe. Apres avoir fait quelques courses, nous partons pour une balade a velo dans les environs. Nous traversons des rizieres vert fluos, des collines verdoyantes et des villages ou des visages vous sourient et des yeux vous devisagent. Tout le monde est tres frustre de ne savoir dire que bonjour et merci. Les enfants sont tous plus attendrissants les uns que les autres et on aimerait leur offrir autre chose qu'un spectacle de sourds muets ....

Le lendemain, equipes de nos sacs a dos et accompagnes de 2 guides nous partons pour une marche de deux jours en foret. La premiere matine est raide, comme la pente ... Tout le monde tire la langue et les guides nous suivent .... en tongs. Le dejeuner se prend dans une cabane perdue au milieu de la foret. Accroupis, nous mangeons sur une magnifique nappe en feuilles de bananier. Au menu riz gluant, aubergines, chou, pousses de bambou. C'est franchement bon et tout le monde est ravi du pique nique.

Dans l'apres midi nous arrivons au village ou nous allons passer la nuit. La encore peu de risque de croiser Nadine de R. dans les allees. Par contre je rencontre julie la poule, robert le cochon et jean-claude le coq ( jean-claude nous le recroiserons plus tard au diner dans notre assiette ). Clairement le village ne roule pas sur l'or. Une quinzaine de huttes surelevees, pas d'eau courante, deux ou trois panneaux solaires, et une tele pour tous qui marchait je ne sais pas trop comment. Les enfants sont sales, habilles a moitie, et vous sourient, leurs grands yeux fixes sur vous. Ce sont des moments assez poignants et Marie je crois les a bien captes ... . La encore la communication n´est pas aisee. Marie a bien tente de montrer a une petite fille des images sur un petit cahier, cela n´a debouche que sur des sourires et un zeste d´incomprehension. Elle s´est finalement plus rapprochee des enfants en jouant au foot avec eux qu´avec des mots.

A peine arrive je vis un moment surrealiste ou le guide me propose de faire une petanque. ( Faut savoir que la decolonisation n'est pas allee jusqu'au bout dans certains domaines et des vestiges de l'occupant subsistent ... ) Flatte quíl ait devine en moi le tireur d'exception que je suis, j'accepte et nous voila partis a quatre, a jouer a la petanque dans le sable d'ún village paume en plein milieu de la foret Laosienne. Manquait plus que le Ricard et le Bob ...

Vient ensuite le repas que nous prenons dans une hutte. Notre hutte n'ayant pas d'electricite, nous nous attablons a 18 heures histoire de profiter des dernieres lueurs. Le repas expedie, le guide nous sort du bizarre ... le LaoLao alias l'alcool de riz local, 45 deg. Evidemment apres quelques verres il se met a chanter et nous demande de lui chanter des chansons francaises. Deuxieme moment surrealiste de la soiree : nous nous mettons a brailler cettte chanson aux paroles si poignantes ....

51 je t'aime

j'en boirai des tonneaux

a me rouler par terre

dans tous les caniveaux

51 fumette

ca fait pas bon menage

le soir dans les toilettes

c'est le retapissage ....

pour la deuxieme strophe copyright Olivier Corrio & Laurent Giamarchi


Bref un moment assez emouvant ou nous lui avons prouve que non la chanson francaise n'etait pas morte.

Une fois la bouteille bien entammee il est temps d'aller se coucher. L'extinction des feux se fait vers 20 heures, ce qui donne une assez bonne idee de l'expression : se coucher avec les poules et se lever avec les poules. Effectivement a 6 heures le lendemain nous sommes debout. Nous prenons le petit dejeuner et repartons marcher le long d'une riviere. La, nous allons traverser des villages peuples d'ethnies differentes et voisins seulement de quelques centaines de metres. 200 m plus loin tout est different, les visages, les corpulences, les habits, le dialecte, les moeurses. Le guide nous affirme que ces diversites coexistent pacifiquement et nous en sommes epates. La encore la traversee de ces villages est forte en impressions. Le decalage entre eux et nous, la gene qui s'ensuit, mais en meme temps les sourires qui surgissent et l'impression qu'une communication pourrait etre possible nous remuent pas mal. Vers midi, une fois le dejeuner pris nous delaissons la riviere pour replonger dans la foret. Marie et moi n'en avions jamais vu d'aussi dense, Les arbres sont gigantesques et le ciel invisible a travers les feuillages. Nous montons deux heures et redescendons environ 1h30 dans la boue et les chutes. Les filles ont ete impressionnantes. Le rythme etait soutenu et personne n'a moufte.

Voila la journee s'acheve et le retour a la ville se fait en tuk tuk.

bisous a tous, la suite du laos ds quelques jours ....


PS : quelques photos d'Hanoi ont ete rajoutees ds la section vietnam.