/ Indonésie - Bye-Bye Paris !

vendredi 11 avril 2008

     L'Asie, c'est comme Capri, c'est fini ...

                                                                                                                                                       11 04 2008

Bali nous accueille maintenant pour une dizaine de jours. Nous arrivons par le sud, Denpasar la capitale et ses environs. La premiere impression n'est pas bonne. Du beton partout. Des hotels gigantesques, des restaurants alignes en rangs d'oignons, des bagnoles qui crachent de gros nuages noirs. Les bus de touristes pullulent, les restaurants servent de la cuisine mexicano italiano allemande et les prix flambent. La poesie de l'endroit ne nous saute pas aux yeux et je m'inquiete un peu pour les 10 jours qui restent. Je me rappelle la Grande Motte en France et je ne me souviens pas avoir eu envie d'y rester plus de 5 minutes.

Nous louons une voiture pour une dizaine de jours et partons vers l'est commencer un periple autour de l'ile. Les choses s'arrangent vers la pointe Est. Un petit village de pecheurs, Amed, nous recoit. La mer est a 10m de notre bungalow et les fonds sont vraiment beaux. Le village est sympathique sans plus mais au moins le beton est derriere nous. Le patron de l'hotel regarde Marie comme un gamin regarderait un Banana Split. Je pense qu'elle va pouvoir negocier un rabais.

Le lendemain nous partons vers la pointe Nord : Lovina. Rebelote, des hotels partout des restaurants qui servent indiferemment du chili corn carne ou des spaghetti bolognese, bref un depaysement total. A l'hotel aussi rebelotte pour Marie. Cette fois le patron trouve qu'elle ressemble a Julia Roberts. Et moi un peu a Alain Deloin ? Non ? Bon ok. Decidemment elle casse la baraque ici, va falloir que je sois attentif ...

A l'Ouest l'ile est occupee par un parc naturel. Les paysages sont beaux malheureusement les seules options d'hebergement sont des hotels immenses aux prestations luxueuses. Comme la saison n'est pas encore commencee, les chambres sont bradees. Aussi notre budget nous permet il de passer une nuit dans un endroit pas vraiment digne de routards. Tant pis, il faut savoir s'adapter. A la guerre comme a la guerre ....

Sur la code Sud Ouest nous tombons par hasard sur une plage comme je les aime. Deserte, encadree par des falaises, de gros rouleaux et juste deux guest house pour dormir. Quelques surfers y ont elu domicile et nous la partagent. Comme nous n'avons ni cheveux decolores, ni planches dans le coffre, nous denotons legerement. J'ai bien essaye de leux expliquer que je venais de la meme ville que Brice, le fameux surfer ... ils ne m'ont pas prix au serieux ...

Sur cette cote nous visitons aussi un temple pose sur et ronge par l'ocean. Tanah lot. Magnifique.

Le tour de Bali est fini. Je suis un peu plus positif que Marie sur l'Ile. Elle, est tres decue et dit n'avoir rien vu de beau. Elle se console avec la gentillesse des locaux. Ceux ci vous sourient a peu pres autant que les parisiens vous font la gueule. Des sourires gratuits, signes exterieurs d'humanite, especes en voie de disparition dans le metro parisien.

Nous abattons notre derniere carte, le centre. Nous posons les valises a Ubud un petit village, capitale artistique de l'ile. Le village bien que tres touristique a conserve son charme. De la nous allons pouvoir rayonner et voir des paysages vraiment superbes. Volcans encore recemment en activite, rizieres en terrasse aux couleurs eclatantes, Pura Bekasih le temple mere et la region des lacs. Ces endroits relativement vierges nous reconcilient avec l'Ile.

A Ubud nous retrouvons aussi Niels et Nickie nos deux copains d'outre Rhin rencontres en Malaisie a qui nous avions donne rendez vous. Nous scellons une fois de plus l'amitie franco-allemande autour de nombreuses chopines. Cette fois, pas de degats collateraux, tout le monde s'est reveille avec mal a la tete mais sans se precipiter sur les sanitaires. Ces deux la vont vraiment nous manquer. Les conversations avec eux ont ete de suite interessantes et personnelles. Nous nous sommes sentis tres proches bien que la barriere de la langue n'ait rien facilite. Rendez vous est pris fin 2008 a Berlin. Le Berlin alternatif et underground doit nous livrer ses mysteres.

Bali est fini. Dans trois jours la famille Amagat fusionne a nouveau dans un camping car au sud de l'Australie. Pere, Mere, Freres debarquent et vont tailler la route avec nous sur la Great Ocean Road dans une roulotte des temps modernes. Et en voiture Simone .....

Avec Bali c'est aussi l'Asie qui s'acheve. Trois mois chez les brides, comme dirait je ne sais plus qui ... L'impression laissee est complexe. Les paysages et les sites nous ont conquis. Les locaux nous ont apparus generalement accueillants et cordiaux. Malheureusement la barriere de la langue et de la carte bleue nous ont souvent cantone dans un role plutot restrictif : Celui de voyageur occidental venu depenser ses dollars. Nous avons visite ces pays mais n'avons pas souvent reussi a echanger avec les locaux. Trois semaines par pays c'est bien trop court pour esperer faire oublier nos visages trop pales et nos portefeuilles trop remplis.

Les principales differences que nous avons relevees dans les comportements humains a notre egard coincident finalement avec les grandes divisions religieuses rencontrees. Sur la peninsule asiatique ou le bouddhisme domine la population nous est apparue cordiale, souriante, pacifique mais aussi reservee et distante. Aux Philippines a dominante catholique, nous avons senti les gens plus exuberants, plus chaleureux, plus vivants au sens latin du terme. Plus vivants mais aussi beaucoup plus violents avec une culture des armes omni presente. En Malaisie la population feminine musulmane nous a parue secrete, reservee, effacee. La population masculine (fondamentaliste) nous a semble par contre beaucoup plus presente et pas toujours tendre avec les occidentaux decadents que nous sommes. Voila livrees tres sommairement et bien entendu trop schematiquement des impressions 'partielles' sur les populations rencontrees.

Avec les autres touristes la coexistence n'est pas toujours allee de soi non plus. Les flots de jeunes anglophones venus parcourir l'Asie pour ecumer les bars et les plages occidentalisees nous ont laisse perplexes. Pourquoi voyager si loin pour juste venir se bourrer la gueule ? Le prix modique de la biere en vaut il vraiment la peine ? Peut etre, en tout cas l'impression finale est celle d'un tourisme bruyant, sans gene et peu respectueux des populations locales. Sans doute sont ils mal renseignes sur l'issue de certaines guerres de decolonisation. Autre sujet de facherie, les rencontres de francais expatries ont souvent ete pour moi assez houleuses. J'ai eu a trois ou quatre occasions maille a partir avec certains restaurateurs ou hoteliers voulant me faire partager leur vision de la vie, des vraies valeurs, et leur degout de la france. Presses d'en finir avec un pays remplis d' egoistes et ronge par la bureaucratie et les problemes economiques, ils ont grace a un petit pactole reussi a ouvrir une affaire en Asie ou la vie est si peu chere qu'un smicard parisien peut vite etre considere comme un nabab. J'ai essaye de comprendre ce que ce comportement avait de plus altruiste mais n'y suis pas parvenu. J'ai aussi essaye de glisser dans la conversation que les pays hotes choisis etaient ronges par la corruption, denues de tout systeme social, voire de tout fonctionnement democratique, et donc ne valaient pas mieux, je n'ai pas eu beaucoup d'echo, ll fallait a tout prix cracher sur la France.

Hormis ces petits desagrements notre impression sur l'experience vecue est tres positive. Chaque jour amene son lot de rencontres et de decouvertes. Generalement nous arrivons a nous coucher tous les jours un moins betes qu'au reveil, Un peu d'histoire en s'interressant a celle des pays rencontres, un peu de sciences humaines en regardant les populations locales evoluer, un peu de geographie et d'economie en se penchant sur les ressources et les moyens des etats traverses et bien sur un peu de sport le matin. C'est le lycee sans douleur et en plein air.

Le mode de vie itinerant avec peu de moyens et de bagages n'est pour l'instant pas un probleme non plus. Marie arrive a fabriquer de la feminite avec trois fois rien. C'est sans doute l'apanage des francaises sur leurs concurentes europeennes. Finalement reduire nos besoins quotidiens a trois repas et un lit ne nous fruste pas plus que ca. Evoluer dans un cadre agreable simpifie beaucoup de choses. Les besoins se rarrefient et c'est tres bien comme ca. Le dernier point c'est le couple. Il tient. Finalement vivre plus avec sa femme qu'avec son patron semble envisageable.

Voila livrees un peu pele mele quelques impressions apres 100 jours de voyage. N'hesitez pas a reagir sur ces quelques lignes. On vous fait de grosses bises et on vous dit a bientot en Australie.