/ Equateur - Bye-Bye Paris !

jeudi 24 juillet 2008

     La jungle, c'est pas mon dada ...

                                                                                                                                                       24 07 2008

Ola ! Que tal ? Muy bien.

C'est juste pour vous montrer l'etendue des progres en deux semaines. Enorme. Ca dechire. En fait les progres viennent mais doucement. Tant que la conversation reste sur des rails determines ( repas, chambre d'hotel, taxi ) ca passe, notre charabia suffit. Mais des que notre interlocuteur sort des sentiers battus, c'est le retour de mes mains ont la parole, plus les grimaces et le charabia italien, bref le grand couscous. Heureusement nous comprenons beaucoup plus que nous n'arrivons a parler. Du coup en disant si toutes les trente secondes, l'illusion de la conversation est totale.

Le point de depart de notre trip en Amerique du Sud est Quito, capitale de l'Equateur. La vielle ville est jolie. L'architecture coloniale y est tres presente et de temps en temps nous nous attendons a voir debouler Zorro et le sergent Garcia. La population est mixte, moitie espagnole, moitie queshua. Premiers ponchos, premiers chapeaux, premiers enfants portes en bandoliere, premiers visages burrines. Marie mitraille comme en 40.

Assez vite la misere apparait : mendiants, enfants cireurs de chaussures, drogue, vendeurs de n'importe quoi. L'argent ne semble pas tomber du ciel, ici. Un taxi nous dira que 50% de la population vit avec moins de 150$ par mois. Nous, en tant que touristes, depensons environ 40$ chacun, par jour. Ca me laisse songeur ...

Nous quittons Quito et partons dans le Nord dans une ville nommee Otavalo. Cette ville est reputee pour son marche indien. A 5 heures du Mat, le marche demarre avec la bourse aux animaux. Veaux, vaches, cochons, poules, poussins, ils sont venus, ils sont tous la. Ca beugle, ca grouike, ca fait caca partout, les maquignons n'en finissent pas de marchander et nous regardent en se demandant ce qui nous amene ici. La routine des uns, le voyage des autres ...

Nous enchainons avec les fruits, legumes et autre artisanat. C'est un feu d'artifice de couleurs et de cris. Il est beau mon melon, il est beau ! ( en Queshua, bien sur ). Marie s'oublie encore un peu sur le declencheur de l'appareil.

Otavalo est aussi reputee pour son volcan. Un cratere rempli d'eau dont le tour se fait en quatre heures a une moyenne de 3500m. Ce sera notre premiere marche en altitude. Beautiful. A signaler durant la marche un moment epique ou nous croisons sur le sentier etroit deux vaches assez mal lunees avec qui il faudra parlementer une demi heure pour pouvoir passer. La faute certainement a notre espagnol defaillant. Marie a bien tente quelque mots de patois cantalien mais sans grand succes ...

A deux heures de Quito mais cette fois dans le Sud, nous arrivons a Latacunga, 3000m d'altitude. Deux choses sont a voir dans les environs : La lagune Quilotoa et le volcan Cotopaxi. La lagune Quilotoa ressemble pas mal a celle d'Otavalo : Un volcan abrupt, dont le cratere est rempli d'eau. Je me repete mais c'est encore tres beau. Le volcan Cotopaxi culmine a 5800m d'altitude. Il domine toute la region et semble inviter le touriste a gravir ses flancs. Marie ne resiste pas au chant des sirenes et decide de l'escalader. Moi, depuis le debut de ce voyage mon surnom c'est ceinture et bretelles. Quand elle m'annonce sa volonte, je fais donc une tres jolie grimace et tente quelques remarques encombrees d'ondes negatives :

Mais tu ne crois pas, qu'un 6000 enneige pour des gens qui n'ont jamais fait d'alpinisme, c'est un peu risque ?

Le tout est balaye d'un revers de main. Je degage trop de mauvaises ondes. Nous nous retrouvons donc dans une agence ou nous tombons sur le guide le plus cooperatif de la planete.

Grimper Cotopaxi, No problemo, le 1er jour tu marches jusqu'au refuge a 4800m, le deuxieme jour tu grimpes au sommet, tu redescends et voila c'est fini. Pour le tout, prix d'ami 150$

Euh oui, mais on est debutant ?

No problemo, tout ce que tu as a faire c'est poser un pied devant l'autre

Evidemment, presente comme ca, je faisais une fois de plus ma chochotte. Heureusement, Internet nous a sauves. Apres avoir depose des arrhes, Marie tape Cotopaxi dans Google et decouvre deux, trois choses que le guide avait oubliees. Cotopaxi, c'est une escalage de 7heures en crampons, piolet a la main. 50% des gens tentant de l'escalader echouent, trois crevasses sont a franchir, la pente est a 45 degres, nausees, vomissements, mal de l'altitude sont monnaie courante. Je vois Marie devant son ecran passer du rose clair au vert olive.

T'inquiete pas bebe, on va rappeler le guide, on va faire autre chose a la place

Oui, ca vaut peut etre mieux

Autre chose c'est une marche de 5 heures dans le parc naturel autour du volcan. Nous sommes autour de 4000m et la vegetation est lunaire. Une steppe tres basse recouvre le sol. Les arbres ont disparu, seul le volcan nous domine de tout son relief. Nous rencontrons des lamas sauvages et autres rapaces. Ce changement de plan n'est donc pas si decevant. Nous prenons neanmoins l'engagement de nous depuceler en France et de gravir le Mont Blanc. Ce sera un bon debut.

Toujours plus au Sud et toujours dans les montagnes nous arrivons a Banos. Nous n'y passons qu'un jour. Au programme VTT le matin et Raft l'apres midi. Le VTT se deroule dans des gorges ou abondent cascades et falaises. Beautiful. Pour le raft, la encore, la ceinture et les bretelles avaient tenter d'opposer deux, trois petites choses mais la, elles se sont faites envoyer sur les roses. Heureusement. Les trois heures sur la riviere sont passes super vite et nous ont beaucoup plu. A refaire.

A Banos une agence nous propose de passer 4 jours en Amazonie en immersion complete. L'amazonie faisait partie de nos objectifs avant de partir. Aussi saisissons nous l'occasion. Effectivement apres 17 heures de bus et trois heures de pirogue, l'immersion est complete. Nous sommes au coeur de la foret. Le campement est une terrasse sur pilotis sans murs au milieu d'une clairiere. Autour c'est le grand vert. Ces quatre jours ont beaucoup plu a Marie. Etaient au programme des marches diurnes mais aussi nocturnes et des balades en pirogue. Oiseaux, serpents, tarentules, fourmies survitaminees, dauphins, caimans, piranhas ils sont venus, ils sont tous la. Seuls ont manque a l'appel anacondas et autres jaguars ( je ne sais pas si il faut dire malheureusement ... ) Moi, ces quatre jours, je les ai avales comme une cuilleree d'huile de foie de morue. Sentiment d'enfermement, clostrophobie, oppression, quatre jours dans une prison de chlorophylle. Un bonheur. J'avais l'impression que le ciel n'existait plus, qu'il avait ete remplace par des arbres, que ma liberte de mouvement se reduisait a aller aux toilettes, et que chaque minutes durait une heure. Je crois pouvoir dire que mon humeur s'en est legerement ressentie et que Marie a eu bien du merite a me supporter.

Heureusement pour les uns, malheureusement pour les autres, ces quatre jours prirent fin. L'epilogue est neanmoins savoureux : 24 heures de bus consecutives pour retrouver le sud de l'Equateur et ses montagnes. La encore, un bonheur. Heureusement avec les montagnes je me suis remis a respirer et Marie a retrouve des draps propres et de l'eau chaude. Donc tout le monde il est content. Cuenca est la derniere ville qu'íl nous sera donne de visiter en Equateur. Nous passons au Perou Demain.

Celle qui murmure a l'oreille des vaches et celui qui peut plus voir une foret en peinture vous saluent bien bas ....

Grosses bises.