/ Australie - Bye-Bye Paris !

samedi 26 avril 2008

     On the road again ...

                                                                                                                                                       26 04 2008

Il est cinq heures du matin. J'attends mon bagage sur le tapis roulant de Melbourne. Une douaniere me tape sur l'epaule. -Excuse me sir, Can the dog smell you backpack ? Hein ? quoi ? kessquisspasse ? Que le chien sente mon sac a dos ? mais mon Dieu pourquoi faire ? Pour la quarantaine pardi ....

En Australie point de nourriture tu n'ameneras

ni viandes, ni fruits, ni legumes, tu ne passeras

Car dans ce pays regne la paranoia ...

Le chien ne trouve rien dans mon sac mais mes pensees vont alors vers la famille Amagat, pere, mere, freres ... Arrives deux heures plus tot, ils avaient promis de nous ramener Cantal, bleu, saucissons ... Ont ils deja ete arretes pour importation d'armes bacteriologiques ? ou ont ils reussi a negocier ? Ils nous accueillent tranquillement a la sortie des douanes. Le chien devait etre enrhume et les camera infra rouges embuees, tout est passe a l'as. Effusions, embrassades, Marie revoit sa famille apres 3 mois de voyage. Sa joie est double.

Le camping car, notre future maison nous attend a Melbourme. Nous en prenons livraison et le garons dans un parking en peripherie de la ville. La premiere journee est tranquille et n'est occupee que par la visite de la ville. Une ville moderne mais tres aeree ou les espaces verts sont nombreux et la circulation plutot sporadique. Bref une ville ou il a l'air de faire bon vivre. Le lendemain nous partons vers la great ocean road, cette route cotiere qui separe Melbourne d'Adelaide. Premiers bains dans l'ocean et ses rouleaux. Grand bonheur. Nous traversons de petites stations balneaires toutes tres migonnes et tres calmes : Lorne, Appolo Bay .... La deuxieme partie de la great ocean road est plus spectaculaire. Les plages sont remplacees par des falaises et les petits rouleaux laissent la place a de grosses deferlantes. C'est la que culminent les douze apotres. Une serie de pitons rocheux, places en eclaireurs de la falaise, qui s'arqueboutent tant bien que mal pour resister aux coups de boutoir de l'ocean. C'est brut, c'est sauvage, ca impose le silence. Une fois cette deuxieme partie de route terminee, 400 km nous separent encore d'Adelaide. La route traverse de larges plaines ou des vaches paissent tranquillement. Les distances semblent demultipliees. Une seule exploitation agricole peut avoir ici 50 km de long. Enfin cinq jours apres notre depart de Melbourne, Adelaide est en vue. Le camping car commence a ressembler a un gros bordel ambulant. Les odeurs de pied flottent un peu partout mais le moral est bon et les rires frequents. Tout le monde arrive meme a dormir malgre Jean-Louis, surnomme la tronconneuse par ceux qui l'ont entendu ronfler. Quand je regarde l'interieur du camping car et voie les chaussettes sales secher me viennent a l'esprit les succes des Gipsy Kings ... La vie dans une roulotte a du bon et au moins n'engendre pas la melancolie. Faudra quand meme penser a aller aux Saintes Maries de la Mer l'annee prochaine, histoire de tenter l'experience jusqu'au bout ...

Je crois que dans Adelaide, il y a plus d'espace vert que de beton. Nous la visitons a velo en longeant une riviere. Nous treversons l'universite qui a plus de points communs avec un club med qu'avec Jussieu et nous enfoncons tres vite dans une petite foret. Au cours d'une de nos soirees sur place Jean-louis nous invite dans le meilleur restaurant indien de la ville. La nourriture est delicieuse mais deboucherait un chiotte tellement elle est epicee. Le patron ou plutot devrais-je dire la patronne est epice, lui aussi. Il nous avoue partir tous les ans en pelerinage dans le Marais a Paris. Oui le quartier est formidable and so romantic ....

Jean-louis est remerciee de son invitation le lendemain. Au programme visite de la Barrossa valley, une vallee celebre pour ses vins. Degustations, discussions, analyses, contre-expertises, le vin australien est disseque, goute, decortique. Beaucoup de bouquet, presque sature en arome, leur vin semble repondre a un besoin bien specifique. Nous n' avons pas trouve de vins taniques, costauds en arome. Reste ensuite le probleme du bouchon. Enfin restait le probleme puisqu'ils l'ont tout bonnement remplace par une capsule en plastique facon villageoise. Ca aussi ca surprend … .Bref leur offre semble etre une offre specifique qui vient se rajouter aux offres traditionnelles francaises.

Le lendemain notre roulotte est rendue au loueur et un avion nous amene au centre, a Alice Springs. Alice Springs, c'est un trou perdu en plein desert. 20 000 habitants au milieu de nulle part ... C'est aussi une ville qui rend vite mal a l'aise. En l'evitant et en restant sur les cotes il est facile de penser que les australiens ne sont que gentillesse, ouverture d'esprit et bonhommie. Or, a Alice Springs il reste quelques aborigenes. Et leur sort n'est guere enviable. Ils errent tels des fantomes dans la ville, pieds nus, l'air hebete, completement exclus de toute activite reservee aux blancs. Cette cite est a l'image de ce que la colonisation a ete et demeure. Violente, brutale, denuee de scrupules et completement decomplexee. J'etais deja venu il y a 7 ans. Les aborigenes jonchaient le sol completement saouls, dans un etat de decrepitude avance. 7 ans apres, ils ont presque disparu et ont ete remplaces par des panneaux Interdiction de boire dans les lieux publics En gros ils ont ete chasses de la ville ou ils faisaient tache et effrayaient les touristes. C'est la ville qui montre un autre visage de l'Australie, celui d'un pays cocardier, ou la xenophobie et la peur du melande racial sont bien presents.

Le peu de temps passe a Alice Springs sera partage en deux activites. La famille Amagat visite Desert Park : une representation condensee de la faune en milieu desertique. S'y trouvent des lezards ressemblant a des monstres prehistoriques, des serpents albinos et des kangourous partout. O joie, les jumeaux iront jusqu'a les toucher ... Moi je loue un VTT et pars deux heures dans le desert sur une piste. La tout est tojours en place. Le ciel immense, l'horizon a l'infini, le sol rouge et la poussiere qui se souleve en mini tornade, le bon Dieu a ete genereux en offrant aux hommes ce pays ...

Le lendemain nous louons un 4x4 et partons dans le desert. Le premier jour comporte 400 km de route dont 250 km de piste. Jean-louis approche un vieux reve : celui de conduire un 4x4 en Afrique. Il s'en sort vraiment bien. Le 4x4 chasse mais il parvient a le maintenir au milieu de la piste. Faire de la piste en plein desert sans crever c'est un peu comme aller a Marseille sans boire de pastis. C'est une faute de gout. Cela nous arrive a 100 km du but. Nous reparons avec notre UNIQUE roue de secours. Marie est tres excitee. Elle a l'impression de vivre une aventure geniale. Moi, je fais de l'huile. Je me dis que si on recreve, faudra finir en baskets. Deux heures plus tard et un demi litre d'huile transpire nous arrivons a Kings Canyon : un hotel et un camping installes au bord d'une formation rocheuse. La biere est bonne et nous aide a avaler la poussiere. Le lendemain nous marchons deux heures sur ces rochers. Vue panoramique sur la terre rouge, ciel bleu marime, Marie a mitraille ...

L'apres-midi nous partons vers Uluru alias Ayers Rock, le fameux rocher si souvent photographie. Notre pneu a ete declare irreparable par un mecano qui n'en avait pas d'autres en magasin. Je ressere donc les fesses pendant 400 km bien que cette fois ci la route soit bitumee. En arrivant sur le rocher, l'impression est magique. Un golgoth assoupi nous attend. Le coucher de soleil rougit le ciel prolongeant la couleur du rocher au dessus de nos tetes. Le lendemain nous en faisons le tour a pied. Uluru est un lieu de culte et de vie pour les aborigenes. Il est parseme de grottes et de sites sacres enlumines de peintures. L'apres-midi les mont Olga nous accueillent : une formation rocheuse ou un grand coup de couteau a ete frappe laissant une breche large d'une vingtaine de metres. L'endroit en impose. La encore les mots manquent pour le decrire et le silence ( ou les photographies ) semblent plus appropries. Voila, nous avons avale assez de poussiere. Demain nous partons vers Sydney, ses plages, ses rouleaux, son opera et son port. Avant de partir, cerise sur le gateau, les jumeaux finissent leur sejour par une demi heure d'helicoptere. Le desert, sans la poussiere, c'est pas mal non plus.


Voila, la famille Amagat et la piece rapportee vous embrassent bien fort.