/ Finie la glande sur les plages, on repart dans le dur ... - Bye-Bye Paris !

jeu 10 juil 2008

     Finie la glande sur les plages, on repart dans le dur ...

                                                                                                                                                       10 07 2008

Entre Tahiti et le Chili un petit caillou est noye dans le bleu de la carte. L'Ile de Paques. Y aller c'est un peu comme rencontrer Dieu le pere, c'est inespere. Du coup tous les moments anodins du voyage me paraissent memorables : les 5 heures de vol pour y arriver, l'aeroport plutot rustique, et le tampon RapaNui sur le passeport.

Notre arrivee coincide aussi avec les premiers Buenos Dias entendus. Ils ne nous quitteront plus pendant quatre mois. Marie est determinee comme un marin breton a ne pas parler Anglais en Amerique du Sud et de tenter d'apprendre l'espagnol. Je m'adapte gentiment avec mon petit livret de phrases traduites. Ca m'etonnerait que je parle beaucoup politique ici ...

Les gens nous paraissent bien sympathiques de prime abord. Nous voir faire de grands gestes pour accompagner notre charabia les fait beaucoup rire. Ici nos mains ont la parole tout le temps. On se croirait en Italie ...

Quelques mots sur l'Ile. D'abord il faut soulever la question de son nom : Pourquoi l'Ile de Paques ? Parce qu'elle a ete decouverte a Paques ... Ok merci, question suivante Simone ...

L'ile compte 20 km de long pour 50 de circonference. Elle abrite 4000 habitants tous reunis dans un village. Les paysages sont vallonnes parce que volcaniques. Les arbres sont rares et une steppe allant du vert au jaune recouvre le sol. L'ocean est partout, battant les flancs abrupts de l'Ile. Le tout est vraiment tres beau et lorsqu'une poignee de chevaux sauvages se rajoute au tableau en broutant sur les flancs d'un volcan, l'appareil photo de Marie gemit de plaisir.

Les statues qui ont rendu l'ile celebre s'appellent Moai. Nous passserons les deux premiers jours a les courser. Ces statues representent de glorieux ancetres. La quasi totalite est erigee face a l'ile, dos a la Mer. Ainsi les ancetres peuvent ils veiller sur la population de l'ile. Seuls 7 sont dirigees vers le large. Elles representent les 7 navigateurs qui selon la legende sont venus de la mer pour peupler l'ile. Elles peuvent aller jusqu'a 20m de haut. Certaines sont affalees, la face contre terre soit parce que tombees durant leur transfert, soit parce que renversees par la population. En effet le culte des Moai a ete supplante plus tard par d'autres religions qui ne se sont pas genees pour renverser ces idoles.

Les contempler de pres a quelque chose de magique. Encore aureoles de mysteres et de mysticisme ces statues nous renvoient a un autre age. L'age des sorciers, des rois, des guerriers, des cannibales. L'age des RapaNui. Leur nombre, leur poids, et la distance qui les separe de leur site de fabrication semblent incroyables . La population restee a l'age de pierre a reussi au fil des decennies un exploit impressionant. Je ne sais toujours pas si la foi peut deplacer des montagnes mais en tout cas elle peut deplacer des Moai.

Le dernier jour nous marchons avec un guide francais, Christophe, tombe amoureux de l'ile. Il nous fait decouvrir des endroits un peu plus inaccessibles comme cette falaise surplombant la mer ou encore des grottes recouvertes d'inscription ou vivaient des RapaNui.

Trois mois sont encore passes. Nous avons fini l'Oceanie ( Australie, Nouvelle-Zelande, Nouvelle-Caledonie, Polynesie Francaise, Ile de Paques ). Cette deuxieme partie du voyage tranche nettement avec la premiere partie asiatique. Pour commencer nous n'avons, dans le pacifique, presque jamais ete depayses. Les influences europeennes qu'elle soient anglo-saxonnes ou francaises etaient omni presentes et cela meme dans les regions ou les cultures locales etaient les plus fortes. Cela nous a frustres. Etre aussi loin et se sentir finalement si proche de son port d'attache, ressemble a une escapade manquee.

Heureusement ces pays nous ont bluffe par leurs paysages. La nature y est vaste, souvent vierge et nous a laisse sans voix.

En Asie nous avions souffert d'etre cantones dans le role de riches touristes souvent incapables de rentrer en contact avec la population. En Oceanie, ce probleme a disparu. D'abord le niveau de vie de ces pays ne nous rangeait pas dans une categorie de privilegies. Au contraire, en Nouvelle-Caledonie et en Polynesie Francaise nous nous sommes souvent sentis 'Fauches'. Ensuite, la pratique de la langue locale nous a beaucoup aide. Pouvoir vraiment discuter, essayer de decouvrir le cote cache des choses, s'interesser aux modes de vie, apportait plus de densite a ce que nous decouvrions. Nous avons eu l'impression d'etre un peu plus que des spectateurs dans nos rencontres et cela nous a fait bien plaisir.

C'est cette facilite de communication et de comprehension mutuelle qui m'avait jusqu'a present cantone dans des destinations dites civilisees ( Australie, Nouvelle Caledonie, Europe). Je m'etais tenu a l'ecart des pays en voie de developpement parce que je ne voyais pas comment les visiter autrement que comme un blanc fortune depensant a droite et gauche ses dollars sans arriver a parler a qui que ce soit. Marie au contraire avait toujours privilegie les destinations dures. Elle voulait un vrai depaysement, un vrai voyage qui l'amene loin de chez elle sur tous les plans. Elle evitait les pays europeanises parce que ces pays n'etaient entre eux que des variantes dont elle connaissait la trame principale. Aujourd'hui je crois que nous avons tous deux evolue. J'ai beaucoup plus soif d'exotisme et d'ailleurs qu'avant. Les destinations en voie de developpement sont des teleportations dans un autre espace temps. Bien sur la communication est difficile, bien sur le touriste sera toujours considere comme une immense pompe a fric, mais voir cet ailleurs, le toucher, le sentir, c'est deja aggrandir ses perspectives, ne plus voir les choses que d'un cote de la barriere, bref prendre un peu de recul. Quand a Marie elle reconnait maintenant les avantages des pays dits civilises pour la possibilite qui est laissee au touriste d'interagir plus avec la population. Cela entraine un tourisme moins passif, plus interactif. Du coup je crois qu'elle me raccompagnera en Italie ...

Une autre rupture avec l'Asie fut la decouverte de pays colonises ne s'etant pas emancipes. Ce fut donc la rencontre de plusiseurs coexistences colons-colonnises. Cette coexistence n'allait pas toujours de soi. Notre impression, apres ces trois mois, est que la colonisation anglo-saxonne a ete beaucoup plus destructrice que son homologue francaise. Les cultures Kanak et Polynsesiennes sont vivantes, profondement enracinees dans leur sol et encore perpetuees. La colonisation francaise cahin cahan leur a laisse une place. Elle a souvent prefrere la collaboration a l'opposition. Mieux encore, en Polynesie Francaise et en Caledonie une independence toujours plus importante est accordee dans les statuts ( plus que dans l'economie ).
En Australie et en Nouvelle-Zelande nous n'avons pas eu du tout cette impression. Les aborigenes ont ete chasses de leurs terres et sont aujourd'hui parques dans des reserves loin des villes, condamnes a l'alcool et au chomage. Quand a la Nouvelle-Zelande je n'ai vu de Maoris qu'a deux endroits : Auckland et Roturoa le centre historique. A Auckland ces maoris avaient completement abandonne leur culture et vivaient comme des occidentaux. A Roturoa leur culture etait preservee mais sous cloche, prete a etre livree a tout moment aux cars de touristes. Bref la culture Maori que j'ai trouve en Nouvelle-Zelande, et c'est l'une des deceptions de ce voyage, est une culture morte, condamnee a disparaitre.

Une derniere difference avec l'Asie reside dans les conditions du voyage. Les longs trajets se font en avion et les infra structures touristiques sont en moyenne plus cossues. La fatigue a ete donc moindre et l'energie est revenue avant d'affronter les bus sud-americains et les pensions amies des betes. Pour autant nous sommes plutot contents de rechausser nos sacs a dos. Avaler un peu de poussiere et se tenir les reins apres 8h de bus amene au voyage un petit quelque chose qui, il faut l'admettre, commence a nous manquer. Dieu merci, je pense que entre l'Equateur, le Perou, la Bolivie, Le Bresil, L'Argentine et le Chili nous n'aurons pas affaire a des ingrats et en aurons pour notre argent de poussiere. Je compte sur vous pour nous supporter durant cette traversee. Cela nous fera bien chaud au coeur.

Ah oui, j'oubliais. Nous n'avons plus qu'un billet d'avion en poche. Un certain Santiago-Paris en Novembre. La tour Eiffel n'est plus tres loin ...

8 commentaires à Finie la glande sur les plages, on repart dans le dur ...

10 07 2008
fifi :

Cette endroit et tout simplement féérique. Incroyable ces statues. Elles sont immenses !
Comptez sur nous pour vous spammer de message tant que vous serez en vadrouille dans la poussiere sud-américaine !

Et vous continuez à nous enchanter avec vos textes et vos photos !!

Gros bisouss

11 07 2008
cec :

Vous allez trouvé que je laisse toujours les mêmes commentaires mais il n'y a rien d'autre à dire...c'est trop beau!!
Votre billet va jusqu'à la tour eiffel mais n'oubliez pas de venir voir comme le viaduc de garabit est beau... :)
gros bisous

11 07 2008
Thié D :

Quel rafraichissement ces petits mots !
Si tu cherchais une vocation, elle est toute trouvée... écris des bouquins, des articles... enfin ce que tu veux mais bon prends ta plume et zou !

11 07 2008
Lolo06 :

J'ai tout lu chef et pourtant c'était long :)

Mais comme dirait l'autre, plus c'est long, plus c'est bon

Gros poutous à tous les 2

14 07 2008
Karine A. :

Merci pour ce bilan intermédiaire... ça laisse songeur. Merci Steph de nous aider à prendre un peu de hauteur !
Mille bisous à vous deux

15 07 2008
La Gillotte :

Très fort le bilan psycho politico ethno !

bizbiz

19 07 2008
Fred :

Bien sûr, il fallait lire : "En Asie nous avions souffert d'etre cantonnais"

07 10 2012
BNTofxeZItk :

dit :Moi, e0 propos de la plullie en continu, j'en ai parle9 e0 ma gyneco il y a quelques anne9es, apre8s avoir entendu Martin Winckler en parler sur France Inter. Ma gyneco m'a dit que oui, c'e9tait possible, et comme je lui ai demande9 pourquoi elle ne m'en avait jamais parle9, elle m'a re9pondu quelque chose comme: que les femmes aiment avoir leurs re8gles, ou plutf4t qu'elles pensent que les avoir est important! Je trouve cette remarque incroyable, je ne connais aucune femme qui aime les re8gles. De plus c'est e0 cause de la de9sinformation, que les femmes peuvent penser qu'il est ne9cessaire d'avoir ses re8gles. Apre8s avoir e9te9 suivie par plusieurs me9decins, aucun ne m'en a parle9. J'ai fait 20 ans de plullie (commence9 e0 15 ans)!Par contre, pour l'histoire, cette meame gyneco n'a pas he9site9 e0 me proposer e0 faire un troisie8me enfant e0 l'approche de mes 40ans! Cela aussi, cela m'a choque9. Mes 2 premiers enfants e9taient de9je0 grands, et je ne lui en avait jamais parle9, ni n'avait l'intention d'en faire un troise8me. En fait, j'ai toujours eu du mal e0 communiquer avec les gynecos qui m'ont suivie, on a l'impression d'eatre des machines e0 faire des enfants. Je n'ai jamais re9ussi e0 aborder un sujet en rapport avec l'acte sexuel (j'ai tente9, mais je me suis retrouve9e face e0 un mur). En fait le gyne9co avec qui j'ai eu certainement les meilleurs contacts, et des discussions plus libres, e9tait un homme. Mais j'ai dfb changer quand il est parti e0 la retraite. Toutes les femmes gynecos que j'ai connues sont tre8s se8ches. Peut-eatre n'ai-je pas eu de chance, mais les gyne9cologues sont plus rares Je fre9quente beaucoup de sportives (je le suis moi-meame), qui font de la compe9tition, et les re8gles pour le sport c'est un vrai proble8me car e7a peut vraiment fatiguer, et empeacher d'eatre performante lors d'une compe9tition. J'en parle autour de moi, aux filles qui se plaignent de leurs re8gles, mais je pense qu'aucune ne me croit vraiment Avec lla plullie en continu, il y a un autre avantage important: on a beaucoup moins de chance d'oublier de la prendre, puisqu'on la prend tous les jours.Quelques anne9es plus tard, cette meame gyneco. elle m'a propose9 Mirena. J'ai he9site9, car j'avais eu une mauvaise expe9rience avec un ste9rilet dans le passe9 (que j'ai fait enleve9, car il me geanait). Mirena, cela a e9te9 un vrai bonheur, malheureusement pendant 2 ans seulement. Plus d'oubli, pas de prise de me9dicament, pas de re8gles (ou tre8s peu, donc pas geanant). Et je n'ai jamais e9te9 geane9e comme avec mon ancienne expe9rience. Et en plus j'ai perdu 1 ou 2 kilos superflus sans faire d'effort (important pour mes activite9s sportives).Donc malheureusement 2 ans seulement, parce que je me suis retrouve9e me9nopause9e beaucoup trop tf4t: de9but bouffe9es chaleurs e0 43ans et me9nopause e0 44ans. J'ai ve9cu 2-3 mois tre8s difficiles avec des re9veils toutes les 2 heures la nuit, en nage. J'e9tais creve9e. En plus mon boulot aussi me demande pas mal de ressource. J'en avais parle9 e0 ma gyneco, au de9but de mes bouffe9es de chaleur, mais je n'ai obtenu que peu de re9ponse (toujours aussi se8che). Pour moi, c'e9tait difficile non seulement parce que j'e9tais vraiment e9puise9e, mais parce que je suis tre8s active et sportive, et que je me sens jeune malgre9 tout.Du coup quand e7a a e9te9 vraiment difficile pour moi, j'en ai parle9 e0 une femme me9decin du sport, qui m'a dit de consulter une gyneco e0 l'Insep. Ce que je fais maintenant. Cette gyneco m'a fait faire des examens, et m'a dit que j'e9tais me9nopause9e. Elle m'a donne9 au de9but un me9dicament sense9 ralentir les bouffe9es de chaleur, mais cela n'a pas e9te9 efficace. Donc quand le diagnostic de la me9nopause a e9te9 pose9, elle m'a enleve9 le ste9rilet, et elle m'a prescrit des hormones: dupasphon+estre9va, que je prends 24 jours par moi. Je n'ai plus de bouffe9es de chaleur, sauf vers la fin de l'arreat, mais tre8s peu geanant. Par contre, rebelote pour les me9dicaments tous les jours, les risques d'oubli, et le retour des 1 ou 2 kilos superflus Mais c'est un mal pour un vrai bien, car je vis maintenant tre8s bien ma me9nopause pre9coce et suis plutf4t bien dans ma peau de femme de 45 ans (maintenant).Pour quand un article sur les hormones donne9es aux femmes me9nopause9es? J'ai plein de questions J'imagine que les homones ne sont pas si anodines, qu'il doit y avoir des risques associe9es (une femme m'a dit qu'elle ne voulait pas en prendre, e0 cause des risques de cancer ). Quels sont les risques?Jusqu'e0 quel e2ge doit-on les prendre (ma gyneco m'a dit qu'on verra, que ce sera quand j'aurai passe9 l'e2ge normal de la me9nopause)Normalement la me9nopause, c'est plutf4t e0 55ans, sommes nous nombreuses dans mon cas?Et j ne comprends pas pourquoi je suis me9nopause9e si tf4t. Cela est semble-t-il lie9 au premie8re re8gles (pour moi vers 12ans et tre8s abondantes au de9but, du coup on m'a fait des piqures dans les fesses vers 13ans) . Est-ce lie9 au sport pratique9 de fae7on plutf4t intensive (on m'a re9pondu que non), e0 un stress+fatigue lie9 e0 mon boulot (qui va plutf4t en augmentant ces dernie8res anne9es)?

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