/ Bye-Bye Paris !

lundi 1 décembre 2008

     Le bout du monde ...

                                                                                                                                                       01 12 2008

Nous laissons les pingouins de la péninsule VALDES. Ils continueront de se casser la gueule et de rouler du cul sans nous. Nous prenons un avion et nous enfonçons dans le grand Sud. 1500 km plus bas : Calafate une petite ville où vient mourir la cordillère des Andes. La ville est située non loin du Perito Moreno : The King of the glaciers nous diront deux belges. Effectivement l’étendue de glace est impressionnante. Telle une coulée de lave entre deux montagnes, le Perito s’avance, langue de glace d’une quarantaine de mètres de haut. La masse est en mouvement comme nous le confirment les craquements entendus et les pans de glace s’effondrant dans l’eau. Marie mitraille, Jean-Louis, Henri et moi prononçons des paroles profondes et définitives du genre : « Putain, c’est beau ».
D’El Calafate nous prenons un bus qui amène à El Chalten au pied du Fitz Roy. Cette montagne mythique réputée une des plus dures à grimper est avec le Perito un emblème de la région. El Chalten disons-le c’est un trou. Une cinquantaine de maisons autour d’une rue principale. Des rafales de vent à 100 km/h, une température entre 0 et 5 degrés, un restaurant et demi (l’autre n’ouvre que le soir), bref un village franchement sympathique. Nous ne sommes néanmoins pas là pour bronzer entre les fesses mais pour marcher. Nous crapahuterons donc une grosse journée tous les 4 dans le parc naturel du Fitzroy. En point d’orgue la montée sur un promontoire nous amenant à la base de ladite montagne nous la laissant embrasser des yeux. Pas de mot pour décrire, juste des photos.
Retour à El Calafate. Nous reprenons un bus et passons au Chili. Nous posons les valises à Puerto Natales, point d’entrée du parc Torres Del Paine. Ce parc immense est réputée posséder plusieurs treks parmi les plus beaux d’Amérique du Sud. Nous sommes pile dans la bonne saison pour le visiter. Grèles, rafales de vent à plus de 100 km, pluie, neige, manque plus que les sauterelles. Marie arrive néanmoins à prendre de belles photos et nous marchons quatre heures, invisibles, dans nos doudounes, la tête basse pour éviter le vent. Heureusement les refuges sont accueillants et nous passons de longues heures les pieds sur le poêle. Les mêmes belges rencontrés plus tôt nous diront que comparativement à ceux du GR2O, ceux-ci étaient des hotels 3 étoiles. De là à penser que les belges aient été un reçus un peu cavalièrement par les cagoules, il n’y a qu’un pas.

De Puerto Natales nous allons encore plus bas. Punta Arenas sur la rive Nord du détroit de Magellan. Devant nous la terre de feu avec Ushuaia. Nous n’y irons pas. Ce sera la dernière ville, la ville où s’étend le panneau fin comme à la fin des films. Un dernier hôtel miteux, où Henri refusera de se doucher par peur des morpions et où Jean-Louis regardera d’un air incrédule le papier peint se décoller et nous nous envolons pour Paname. 15h après et quelques crampes, nous sommes à Orly. Remy, Erwan et Karine sont venus nous claquer une bise surprise. Merci les amis. Avec eux, j’accomplis des choses incroyables : J’achète l’équipe, commande un café en Français, discute du championnat de rugby. Suis-je vraiment parti ? A midi, nous déjeunons avec le typhon blond : Audrey Graziani. Là encore grosses effusions. Elle a l’air heureuse de voir nos sales têtes. Nous de même. Marie disparaît et réapparaît 15 minutes plus tard, douchée, maquillée, déguisée en fille, les vêtements décathlon dans un sac de linge sale. Est-elle vraiment partie ? En début d’après midi nous prenons un avion direction Nice et mes parents. Je ne les ai pas prévenus. Je sonne à l’interphone : « C’est un colis de la poste ».

« Montez, c’est au 9ème ». Mon père est sur le palier. Il nous accueille en disant « Bonjour, Messieurs Dames ». Il ne nous a pas reconnus. Il attend le postier. Je dis « Oh ! ». Il répond : « Oh ! putain ». Ca y est. Nous sommes reconnus. Larmes, incrédulité, joie … Il semble que nous soyons rentrés.


J’écris dans un train qui nous amène dans le Cantal. La famille de Marie nous attend de pied ferme. Je reprends le boulot Lundi prochain. Marie, ce sera les études. Nous venons d’emménager dans un deux pièces Parisien, avons fait un chèque de loyer indécent et avons chopé la crève dans le métro. Sommes nous vraiment partis ?

C’est l’heure des remerciements. Tout n’a pas été durant cette année farniente et caiparinha. Il y eût des jours où nous avons serré les dents et ces jours là plus que d’autres, nous étions sur Internet pour nous réchauffer au bon feu de l’amitié. Merci de nous avoir écrit, encouragé et aimé. De retour en France, nous essaierons d’être à la hauteur de ce que vous avez été pour nous.


PS : Les photos ont été rajoutées à la fois dans Argentine et Chili